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ExpertisesManager la participation du public : la marque d’un management territorial moderne ? L’exemple des politiques de soutien à l’habitat participatif
L’un des domaines de l’action publique qui concilie fortement aujourd’hui droit et management est celui des politiques urbaines, en raison de la mobilisation de nombreuses règles et procédures administratives destinées à mettre en œuvre des actions dont l’influence sur le quotidien des habitants sera significative. La « performance » poursuivie par l’action publique est ici polymorphe : quantitative (construire des logements, des équipements) comme qualitative (rendre la ville agréable à vivre, limiter les nuisances, éviter les contentieux).
A la différence d’autres domaines plus cloisonnés de l’action publique, l’urbanisme oriente le fonctionnement de l’administration vers la société, ce phénomène s’accentuant depuis quelques années sous l’effet des commandements du droit international, des progrès de l’Etat de droit, des revendications de nombreux groupes sociaux ou encore du retour en vogue des « communs »[1]. Il est consolidé par l’expérience acquise par les collectivités locales depuis la décentralisation des compétences d’urbanisme au début des années 1980. Ces éléments ont conduit à faire émerger puis à façonner un style de management public qui passe par une plus grande inclusion de ce qu’on nomme dans cet article « le public » sans distinction entre les notions de citoyens, d’usagers ou d’habitants. En intégrant cette donnée, l’administration doit non seulement parvenir à manager ses propres services mais aussi une nébuleuse d’acteurs externes. Pragmatique ou réaliste, elle adopte une posture plus fédératrice. Elle mobilise à cet effet des procédures de médiation.
[1] D. Bollier, La Renaissance des communs. Pour une société de coopération et de partage, éd. Ch.-L. Mayer, 2015, 191 p.