Getslib’, le premier service de vélo électrique implanté en station de montagne

Le 8 juin 2019

Inspirée par les vélos en libre-service développés en zone urbaine, Les Gets, une commune de Haute-Savoie a décidé d’importer le concept sur son territoire de montagne. Le Getslib’ est donc, depuis 2014, le premier vélo (électrique) implanté dans une station de montagne. Et le succès est au rendez-vous : l’an dernier 550 usagers ont créé un compte ! Ce sont aussi bien des touristes de passage que des habitants en quête d’une solution de mobilité. Simon Bergoend, conseiller municipal de Gets en charge du projet a pris le temps de répondre aux questions d’Horizons publics.

Pouvez-vous nous parler de votre projet Getslib’ ?

Le Getslib’ est un service de mobilité organisé autour du vélo à assistance électrique (VAE). Il s’organise à travers un système de prise et dépose des véhicules en libre-service via des bornes de recharge mises à disposition des usagers dans différents lieux du village. Concrètement, l’usager s’inscrit au service et récupère un badge lui permettant ensuite de se présenter devant n’importe quelle station équipée de bornes de recharge et retrait des VAE pour utiliser un vélo. Il l’utilise le temps qu’il souhaite et le redépose dans n’importe quelle station. Son temps d’utilisation est comptabilisé par un logiciel et l’usager est facturé au prorata de la durée d’utilisation. La première demi-heure est gratuite chaque jour, les demi-heures suivantes coûtent 1 euro dans la limite de 4 heures d’utilisation, puis 2,50 euros par demi-heure au-delà de 4 heures d’utilisation. La facturation du client s’effectue directement à travers un prélèvement automatique.

Pourquoi avez-vous décidé de développer ce projet ?

Il répond à une volonté de proposer un service de transport innovant et écologique. Sur la base de ce qui s’est développé dans les grandes agglomérations avec les Vélo’v de Lyon ou Vélib’ à Paris. Il a fallu réfléchir à l’opportunité et aux possibilités concrètes de créer un tel service au sein d’une commune certes considérée comme une station de tourisme, mais avec moins de moyens et d’infrastructures que les grandes agglos. L’enjeu était aussi de palier au problème de la pente (zone de montagne oblige). Il fallait impérativement proposer du matériel avec assistance électrique sans quoi l’usager se serait vite découragé d’utiliser un vélo dans notre territoire de montagne.

Dans quelle démarche s’inscrit votre projet ?

Il s’agit d’un projet précurseur en zone de montagne. Les Gets est la première station en Europe à avoir développé une telle offre. Il s’agissait donc plus d’un pari ou une intuition, que d’une réponse à une demande particulière. Néanmoins, la culture vélo aux Gets est très présente à travers les activités VTT implantées depuis de nombreuses années (exploitation de pistes VTT sur le domaine de la commune en saison d’été ou événements sportifs tels les championnats du monde VTT en 2004, etc.). Bref, cette « fibre » vélo présente aux Gets rendait concevable et cohérent le projet Getslib’ avec l’image l’identité de la commune.

Quels impacts avez-vous pu mesurer depuis l’installation des Getslib’ ?

Dès le départ, l’idée était de répondre à un double objectif pour la réussite du projet à savoir : répondre à une demande touristique (usage orienté « loisir ») et une demande de mobilité (usage « transport du quotidien »). Nous souhaitions satisfaire à la fois le touriste et le résident permanent de la commune. Depuis 2015 et le lancement du service, on note une progression forte et constante de la fréquentation chaque année (hausse des utilisations et hausse du nombre d’usagers) avec pour la saison 2018 un pic de 550 usagers inscrits pour près de 5 500 trajets effectués.

Combien le projet vous a-t-il coûté ? Comment le financez-vous ?

Sur les six premières années de fonctionnement du service (2014-2019), le projet se chiffre autour de 160 000 euros comprenant l’investissement et le fonctionnement. Il est financé par le budget communal, ainsi qu’avec des subventions provenant de fonds régionaux et départementaux. Au niveau matériel, nous avons aujourd’hui une flotte d’une trentaine de VAE repartis au sein de six stations de recharge et dépose disséminées dans le village et ses hameaux.