Jean Viard : « Nous vivons trois révolutions simultanées »

Jean Viard
Pour Jean Viard, l'intelligence artificielle fait partie des trois grandes ruptures. "L’IA est une rupture fondamentale parce que nous allons devenir coproducteurs de notre activité avec la machine", explique-t-il.
©DR
Le 6 mai 2026

Jean Viard est sociologue, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), spécialiste des temps sociaux, de l’aménagement du territoire, des questions agricoles et des comportements politiques. Auteur de nombreux ouvrages, il analyse depuis des années les transformations de la société française, entre mobilité, vacances, vie quotidienne et mutations des territoires. Son dernier ouvrage, Une France bousculée1, est un recueil de chroniques qui brosse le portrait d’un pays traversé par les crises et les recompositions. À partir du choc du covid, le sociologue explore les fractures sociales et territoriales, la place des métiers essentiels, les mutations du travail, mais aussi les tensions politiques et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle (IA) et au retour de Donald Trump.

 

L’ouvrage se présente comme une lecture de la France contemporaine à hauteur d’observation, attentive aux modes de vie, aux territoires et aux rapports sociaux. Jean Viard y développe une idée centrale : les crises récentes n’ont pas seulement fragilisé le pays, elles ont aussi révélé ses lignes de force, ses solidarités et ses capacités d’adaptation.

 

Affirmation masculiniste de notre société, comme le mascaret de Meetoo, la nature qui prend les rênes à la place de l’homme, l’IA transformant notre rapport à la productivité, etc. Le sociologue Jean Viard met en lumière ces trois ruptures culturelles pour mieux comprendre les enjeux de l’époque. Pour lui, le Rassemblement National (RN) est le fruit d’une crise de la masculinité dans les classes populaires qui ne supportent pas l’autonomie croissante de la femme, et La France insoumise (LFI) est la voiture-balai des élites déclassées. Interview déroutante, comme toujours avec lui, qui touche juste, comme souvent.

Vous insistez sur trois ruptures : la nature qui a pris la main face à l’homme, le retour du masculinisme après Meetoo et l’IA. Sur le premier point, il est étonnant de constater à quel point, dans le cadre des récentes élections municipales, la transition environnementale n’a pas fait l’objet d’une remise en cause… Après le covid, les élites sociales ont considéré qu’il fallait réagir vite et que nous étions dans une crise environnementale réclamant des mesures d’urgence. Voitures électriques, le zéro artificialisation nette (ZAN), les zones à faibles émissions (ZFE), etc. Ils ont fait voter…
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