L'action publique sous contrôle(s)
Depuis le 26 août 1789, l’article 15 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen proclame le droit pour la société de « demander compte à tout agent public de son administration ». Près de 250 ans plus tard, cet impératif demeure d’une brûlante actualité. Aujourd’hui, cette vérification de l’action publique prend des formes plus complexes. Aux traditionnels contrôles hiérarchiques et juridictionnels s’ajoutent désormais des exigences de qualité et de performance. Parce que les usagers sont avant tout des citoyens et des contribuables, ils exigent une utilisation rigoureuse des deniers publics et attendent des gages de transparence en contrepartie de leur confiance.
Face à ces attentes, l’action publique oscille désormais entre auto-contrôle et vigilance citoyenne, entre respect de la dignité humaine et automatisation par l’intelligence artificielle, entre devoir de transparence et protection du secret défense.
Alors que 74 % des Français expriment une défiance dans la politique, selon le baromètre 2025 Sciences Po-CEVIPOF, le contrôle n’est plus une simple formalité administrative mais une condition essentielle pour tenter de réparer cette fracture démocratique profonde.
Un dossier coordonné par Nicolas Kada, professeur de droit public à l’université Grenoble Alpes.
Comité d'orientation