La France contrôle beaucoup, mais répond trop peu. Dans cette chronique, Mustapha Derras appelle à dépasser la seule conformité administrative pour inventer une véritable « écologie de vigilance » démocratique, capable d’éclairer les effets, les dépendances et les angles morts de l’action publique.
La France sait demander des comptes à l’action publique. Elle sait vérifier une dépense, ouvrir une enquête, saisir un juge, constituer une commission, auditer un opérateur. Elle excelle dans cet art ancien qui consiste à entourer l’action publique d’une bordure juridique assez épaisse pour donner toutes les apparences de la maîtrise. Le malaise commence pourtant ici. Cette puissance procédurale rassure l’institution elle-même davantage qu’elle ne répond à la société. Elle donne des preuves de régularité, mais laisse trop souvent sans réponse les questions les plus simples et les plus…
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