Le jour ou le numérique s’arrêta !

Le 14 août 2026

Et si, en 2040, les services publics perdaient soudain leur socle invisible : le numérique ? Plus d’écrans, plus de plateformes, plus d’identifiants, plus de dossiers accessibles. En quelques heures, la promesse d’une administration fluide, connectée et disponible se retournerait en vertige collectif. Cette fiction n’a rien d’un simple scénario catastrophe : elle agit comme un révélateur. Derrière la panne, elle interroge ce que nous avons confié aux machines, ce que nous avons parfois laissé s’effacer – les lieux, les métiers, les liens, les mémoires – et ce qui, demain, pourrait encore faire tenir la puissance publique lorsque ses infrastructures techniques vacillent. Nous vous proposons une dystopie sur les services publics en 2040 pour prolonger le thème de ce numéro.

Le 17 septembre 2040, à 6 h 28, le réseau se figea. D’abord, personne ne comprit. Les écrans d’accueil des mairies restèrent blancs. Les agents des centres communaux d’action sociale virent disparaître les dossiers qu’ils devaient traiter. Les hôpitaux locaux perdirent l’accès aux agendas de consultation. Les plateformes de rendez-vous cessèrent de répondre. Les écoles ne purent ouvrir leurs espaces numériques. Les services d’urbanisme ne retrouvèrent plus les pièces déposées la veille. Les accueils téléphoniques basculèrent dans le silence. Les bornes administratives, les messageries, les…
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