Quand les associations remplacent l’État

Le 6 mars 2018

C’est le titre un brin provocateur du dernier dossier thématique de la Revue française d’administration publique (RFAP 2017, no 163) qui explore la recomposition des relations entre l’État (au sens générique, incluant les collectivités locales) et les associations.

RFAP

La question du remplacement des pouvoirs publics par les associations n’est pas nouvelle en science administrative. Depuis les années soixante-dix, cette question a fait l’objet de nombreuses études et a connu des évolutions et mutations. « Il s’agit de tenter de ressaisir ces mutations éparses et qui semblent parfois contradictoires comme un volet particulier de cette nouvelle division du travail de l’État : analyser le nouveau système de relations, les jeux de frontières et les nouvelles formes d’accomplissement de ce travail, sans oublier la question des formes d’emploi », peut-on lire en introduction. Et justement, l’intérêt du présent dossier, c’est de traiter, tout d’abord, cette problématique sous l’angle de l’innovation à l’étranger : les différents modèles associations-pouvoirs publics en Europe, le partenariat entre fondations et secteur public au Québec, le projet de Big society de David Cameron et les Social Impacts founds aux États-Unis font l’objet d’analyses fouillées, autant de sources d’inspiration pour la France ?

Ensuite, l’évolution de l’encadrement des associations à travers la redistribution des formes de financement ou les modalités d’encadrement par les activités de conseil de gestion est ensuite abordée (financement public, économie sociale et solidaire, les associations au service des politiques de l’emploi, le volontariat dans le service public). Enfin, des exemples précis viennent illustrer cette nouvelle division du travail entre l’État et les associations dans les secteurs du périscolaire (La réforme des rythmes scolaires, ou quand les associations font la loi et (dé)font le travail dans les services publics ?) de la protection de la nature (« La maîtrise des données, un enjeu majeur pour les associations naturalistes à l’heure de la gouvernance de la biodiversité) et l’accompagnement des handicapés (les transformations des modes de contrôle croisés entre associations et autorités publiques dans le secteur du handicap). Ce qui en ressort de manière globale, selon les auteurs, c’est un jeu de désengagements et de réengagements de l’État vis-à-vis des associations.

À lire

Quand les associations remplacent l’État ? RFAP 2017, no 163, L’ENA