Qu’en est-il de la cohésion quand il y a plusieurs France ?

La cohésion des territoires
Le 11 octobre 2018

Le rapport sur la cohésion des territoires, daté de juillet 2018, constitue une version enrichie du document présenté lors de la deuxième Conférence nationale des territoires, qui s’est tenue le 14 décembre 2017. Ce rapport expose et interprète un ensemble d’indicateurs réunis dans le baromètre de la cohésion des territoires, qui a vocation à être actualisé annuellement.

La première partie du rapport, aussi la plus conséquente, dresse un état des lieux de la cohésion territoriale en France notamment après la crise. La seconde partie, plus courte, aborde la question des facteurs de cohésion.

En résumé – en substance – ce rapport confirme l’idée selon laquelle la « métropolisation » s’est accélérée. En effet, aujourd’hui, trois quarts des emplois créés depuis 2007 se sont concentrés dans quinze métropoles qui occupent 27 % du territoire. Cependant, les métropoles ne constituent pas une catégorie homogène entre-elles. En effet, toutes n’ont pas le même rayonnement économique, social ou politique et ne connaissent ni les mêmes trajectoires, ni le même dynamisme, ni la même capacité à tirer le développement.

Au total, on observe que le rapport met en perspective « quatre France » :

Un grand arc nord-est – de Rouen à Limoges en passant par Troyes – cumule les fragilités sociales, économiques et démographiques.

À l’opposé, les franges littorales de la France – de la Bretagne à Provence, Alpes-Côte d’Azur jusqu’au sillon rhodanien – sont portées par un dynamisme démographique et de l’emploi.

Les territoires ultramarins restent marqués par leur spécificité, dont le dynamisme n’est pas exclusif de puissantes vulnérabilités : chômage, faibles qualifications, faibles revenus, etc.

La croissance solide de l’Île-de-France – appuyée sur une spécialisation métropolitaine renforcée, combinée à un défaut structurel d’attractivité résidentielle – l’assimile progressivement à une métropole mondiale dont les dynamiques sont moins connectées au reste du pays.

Face aux risques de dissociation des territoires, la notion de cohésion invite à mettre au cœur des politiques ce qui tient les territoires ensemble, ce qui les rend fonctionnellement et politiquement solidaires. Le rapport propose alors de réfléchir autour de six facteurs de cohésion : solidarité, qualité de vie, coopération entre les territoires, capital social, empowerment des territoires et transition socio-environnementale.

Il ne reste qu’à attendre des mesures concrètes de l’État et des collectivités en vue de cet objectif.

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