Revue

Cartoscopie

Cafés, restaurants et urbanit des villes post-covid-19

Le 29 août 2020

Les bars et restaurants participent autant de la vie quotidienne des Français que de la culture du pays et de son rayonnement. Présents sur tout le territoire, aussi bien dans les petites villes que les grandes agglomérations, ils occupent une place culturelle, sociale et publique essentielle.

Voilà une carte qui aurait pu mettre du baume au cœur aux défenseurs de l’aménagement du territoire. La géographie des bars et restaurants se caractérise en effet par une large couverture de l’espace national. Peu de territoire, y compris parmi les moins peuplés, semblent dépourvus de leur débit de boisson et de nourriture. Se dessinent aussi les villes et grandes agglomérations, les territoires les plus attractifs en matière touristique, les corridors et espaces de flux, en particulier transfrontaliers, qui concentrent davantage d’établissements sans que ces densités différentes ne laissent néanmoins supposer, comme on l’entend sur d’autres sujets, qu’il y aurait surabondance d’un côté et désert de l’autre.

En zoomant davantage, on trouverait assurément des exceptions dommageables, des villes et villages ayant perdu leurs lieux de sustentation, d’ivresse et de satiété, mais aussi d’informations, d’échanges, de débats, de partage, d’écoute, de services, de communion populaire, au sens premier du mot. Les cafés et restaurants forment une filière économique importante : ce sont près de 4 % des établissements économiques français, même si chaque année leur nombre diminue. De 45 080 en 2003, ils sont passés à 38 800 en 2016. En 2017, ils déclaraient près de 680 000 employés. Mais c’est la place culturelle, sociale et publique qui est la leur que je voudrais souligner ici. Ils participent autant de la vie quotidienne des Français que de la culture du pays et de son rayonnement.

Les cafés et restaurants nous lient. Ce sont des opérateurs centraux de notre urbanité, des concentrés de ville où diversité et densité jouent à plein. Une ville sans café et restaurants, sans terrasse, est-elle encore une ville ? Au moment où j’écris ce billet, cette carte, ou plutôt tout ce qu’elle représente, n’existe plus et les centralités urbaines ne sont plus elles-mêmes, distances spatiales comme sociales accrues par le covid-19, proximité et sociabilité altérées. Le déconfinement et la reprise avec les mesures prophylactiques qui les accompagnent n’y remédieront pas complètement. La relance économique qui suivra non plus, tant le nombre de restaurants et de cafés qui ne reprendront leur activité pourrait s’avérer conséquente, modifiant en profondeur cette carte et ses effets rassérénant tout comme les territoires concernés.

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