Île d’Oléron : un cadastre solaire pour favoriser le passage à l’acte

Cadastre solaire Ile d'Oléron
Le 10 octobre 2019

La communauté de communes de l’Île d’Oléron est engagée dans une course contre la montre. Son objectif ? Devenir un territoire à énergie positive d’ici à 2050... Pour y arriver, les élus multiplient les initiatives, notamment à destination des citoyens, afin de favoriser leur envie d’agir et leur participation à cette vision pour le territoire. Depuis le printemps 2018, les habitants peuvent avoir accès, en quelques clics, au potentiel solaire de leur toiture. Tous les bâtiments publics ont également été étudiés et 2 000 m2 de panneaux solaires ont déjà été installés. Entretien avec Joseph Hugues, directeur général des services de la communauté des communes de l’Île d’Oléron.

Comment cette idée vous est-elle venue ?

C’est assez simple. Dans le cadre de notre projet de transformer l’Île d’Oléron en un territoire à énergie positive, nous avons dû regarder les ressources disponibles. Nous avons des limites clairement identifiées puisque nous sommes entourés d’eau. Nous savons que nous n’avons pas à notre disposition des hectares de terrains disponibles. Nous avons également des espaces naturels et agricoles que nous souhaitons valoriser. L’idée n’était donc pas de développer une centrale photovoltaïque au sol. C’est pourquoi nous misons sur les espaces urbanisés c’est-à-dire les parkings et les toitures. Il a fallu que nous identifiions les toitures publiques et privées qui pouvaient avoir la bonne orientation et suffisamment de surface pour accueillir des panneaux solaires.

Comment la mise en place du projet a-t-elle commencé ?

Quand vous avez 40 000 logements privés et de grands bâtiments publics à auditer, c’est un travail énorme. Il a fallu que nous trouvions un moyen d’automatiser cette démarche. Nous avons commencé par le système d’information géographique (photos aériennes + cadastre) à regarder les grandes toitures (+ de 200 m2) car cela nous semblait être une priorité. Nous avons fait appel à deux stagiaires. Ils ont mis au point une méthode. Dans un premier temps, ils faisaient un repérage sur la base du SIG et des photos. Puis ils se rendaient sur place pour observer en détail les bâtiments au niveau des ombres sur les arbres, du type de bâtiment ou de toiture, etc. Ils ont pu faire un premier diagnostic. Celui-ci nous sert encore aujourd’hui à avancer. Nous avons ensuite dû nous attaquer aux logements individuels.

Ce qui était déjà beaucoup plus long comme opération…

Oui. C’était un énorme travail. Nous avons été obligés de passer par une société spécialisée. Elle s’appelle « In sun we trust ». Elle s’appuie sur le cadastre pour pouvoir réaliser son repérage. Nous avons signé un partenariat et elle met en ligne gratuitement, pour les usagers, une information pour leur dire si leurs toitures possèdent un potentiel ou non. Ils doivent uniquement taper leur adresse et la réponse intervient en quelques secondes. Dans un second temps, cette plateforme met en relation l’habitant avec la collectivité ou des artisans qui sont en capacité de proposer des solutions techniques.

Derrière le cadastre solaire, quelle est votre idée, est-ce un outil pour inciter les citoyens à s’engager ?

Pour nous, la première base était de dire à nos habitants que nous sommes dans une région très ensoleillée et qu’ils ont des toitures qui peuvent accueillir des panneaux photovoltaïques. Nous leur avons dit que c’était une opération rentable. On ne fait pas fortune comme cela a pu être le cas, mais c’est encore financièrement intéressant. Nous voulions donc qu’ils se renseignent. À côté de cela, la communauté de communes propose aux villes d’aménager tous les bâtiments publics comme les crèches ou les écoles. Nous avons fait le travail de diagnostic pour favoriser le passage à l’acte. Nous voulions accélérer la tendance car cela fait des années que l’on parle de solaire et malheureusement nous n’en avons pas suffisamment.

Techniquement, comment fonctionne le cadastre solaire ?

Pour les bâtiments privés, la personne va sur Internet. L’accès se fait via la plateforme In sun we trust. Les habitants accèdent à une photo aérienne de leur logement. Avec un système de couleurs, le site vous dit si votre toiture a une orientation qui est très favorable, favorable ou pas du tout favorable, pour installer des panneaux solaires. L’information est immédiate et la plateforme très facile d’usage. Finalement vous allez avoir un oui ou un non. À partir de là, si cela vous intéresse vous pouvez passer à l’étape suivante c’est-à-dire quelles sont les conditions, comment je me renseigne, quels sont les organismes qui peuvent m’aider ou les artisans qui peuvent intervenir, etc. Notre idée, c’était vraiment que n’importe qui, depuis chez lui, puisse obtenir cette information. Petite précision, ce service est gratuit.

Combien de personnes ont utilisé votre outil depuis qu’il a été mis en ligne ?

Nous l’avons mis en place à la fin du printemps 2019 et depuis nous avons eu 1 300 connexions. Nous avons également installé des bornes dans des lieux publics. Cela permet à ceux qui le souhaitent d’avoir accès à cette base de données. Nous avons fait une campagne de communication pour informer les habitants de cette possibilité. Il faut préciser que cela a eu un réel impact puisque nous avons déjà eu vingt-sept demandes de devis.

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