Le revenu de transition écologique : de l’idée a l’expérimentation

Le Revenu de Transition Ecologique (RTE) est un dispositif qui vise à encourager la transition écologique et sociale, au plus près des territoires.
©Ville de Grande-Synthe
Le 15 octobre 2020

La ville de Grande-Synthe expérimente, en collaboration avec la fondation Zoein, le revenu de transition écologique (RTE). Objectif : pousser les habitants à mener des actions positives pour l’environnement.

Jusqu’ici le revenu de transition écologique (RTE) était une idée et une philosophie. C’est désormais le cadre d’une expérimentation. Dans le Nord, précisément à Grande-Synthe (59) – ville dirigée par Damien Carême (Europe écologie les Verts [EELV]) jusqu’en 2019 –, la collectivité publique s’est alliée avec la fondation Zoein à l’origine du RTE pour mettre en place sur son territoire un test grandeur nature.

Le principe est simple : il s’agit de garantir un revenu à des personnes physiques, en contrepartie d’activités orientées vers l’écologie et le lien social. Et cela est mis en œuvre au sein d’une coopération de transition écologique. Une structure participative dont le but est d’accompagner les porteurs de projet et créer un réseau d’activités locales sur un territoire résilient.

En France, l’idée est portée par Sophie Swaton, philosophe et économiste et qui est aussi la co-fondatrice de la fondation Zoein. Son projet est arrivé progressivement à maturité pendant l’écriture de deux livres. « À l’origine, mes recherches portent principalement sur le système de protection sociale en France et la lutte contre la précarité. Je m’intéresse beaucoup à l’emploi, qui est un facteur important de reconnaissance sociale. Je me suis beaucoup intéressée au revenu de base inconditionnel (RBI), auquel j’ai consacré un premier livre. Puis, j’ai ensuite fait rentrer la dimension écologique dans ma réflexion. Il fallait réfléchir à un modèle sociétal qui puisse prendre en compte les limites planétaires. »

La coopérative de transition écologique, un rôle de locomotive

Plusieurs territoires se sont montrés intéressés par les idées de Sophie Swaton mais c’est Grande-Synthe qui a, aujourd’hui, le projet le plus avancé. La ville a créé une coopérative de transition écologique, dirigée par Jean-Christophe Lipovac, ancien DGS de la ville : « La coopérative s’adresse à toute personne voulant réaliser une activité d’utilité écologique et sociale. Cela comprend de nombreuses activités diverses. À ce jour, nous avons signé notre premier contrat avec un réparateur de vélo à vélo. Nous sommes en contact avec d’autres personnes qui ont des projets très variés et intéressants. » L’objectif est d’accompagner quinze personnes fin 2020, puis d’atteindre une vitesse de croisière d’ici cinq ans avec environ soixante porteurs de projets.

Concrètement, le RTE souhaite accélérer la transition à travers le soutien à l’innovation de projets et d’initiatives écologiques. Trois axes permettent aux porteurs de projets d’avancer : ils touchent un revenu, bénéficient d’un accompagnement adapté, et adhérent à une structure dédiée. À travers ses trois points, la coopérative de transition écologique va soutenir les personnes et les initiatives déjà actives ou émergentes. Elles pourront ainsi gagner en visibilité et servir de levier pour changer d’échelle et redynamiser les territoires.

En France, l’idée est portée par Sophie Swaton, philosophe et économiste et qui est aussi la co-fondatrice de la fondation Zoein.

Comme tout projet innovant, le RTE de Grande-Synthe est observé : « C’est de l’expérience grandeur nature. Ce que l’on appelle la “recherche-action”. Notre réseau de chercheurs aide les porteurs de projets », confirme Sophie Swaton. Et l’un des plus grands défis sera de prouver que le modèle économique est viable. « Même si nous sommes une structure à but non lucratif, il faut qu’elle soit viable et qu’elle permette aux entrepreneurs de vivre dignement de leur activité, raconte Jean-Christophe Lipovac. Nous fonctionnons pour l’instant avec des financements croisés, publics et privés, auxquels s’ajoutent les contributions coopératives des entrepreneurs, un pourcentage (8 à 12 %) du chiffre d’affaires réalisé et reversé à la coopérative. »

La fondation Zoein est optimiste : après avoir fédéré plusieurs territoires afin de créer de nouvelles coopératives de transition écologique, elle invite, sur son site Internet, l’ensemble des territoires intéressés par sa démarche à entrer en contact avec elle pour rejoindre le mouvement lancé à Grande-Synthe.

Zoein, une fondation engagée dans la transition écologique

Zoein est une fondation d’utilité publique créée et présidée depuis 2017 par Sophie Swaton, philosophe et économiste. Elle a pour objectifs de répondre aux bouleversements de notre monde au xxie siècle, particulièrement ceux engendrés par le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, https://zoein.org/fondation/

 

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