Isabelle Falque-Pierrotin : « l'Open data est une condition indispensable de l'impartialité du Grand débat national »

Le 15 février 2019

Isabelle Falque-Pierrotin fait partie des cinq membres du collège des garants mis en place par le gouvernement pour garantir l'indépendance du Grand débat national. Dans l'interview qu'elle a accordé jeudi 14 février à Horizons publics, elle brosse un premier bilan du Grand débat national lancé le 15 janvier dernier et pointe les limites de la plateforme de consultation Granddebat.fr, malgré les modifications effectuées depuis sa mise en service.

Alors que le Grand débat national est à mi-parcours, elle revient sur l'importance des conférences régionales citoyennes qui doivent, selon elle, ouvrir la deuxième séquence afin de passer de la démocratie participative à un vrai exercice de démocratie délibérative. Elle rappelle également le rôle du collège des garants notamment chargé d'examiner les cahiers des charges et la méthodologie utilisée par les prestataires afin qu'ils respectent les principes de neutralité et d'impartialité dans le traitement des résultats. Selon la Conseillère d’État, il n'y aura pas une seule restitution mais une pluralité de restitutions à l'issue de ce Grand débat national. "Le gouvernement n'a pas le monopole de la restitution du Grand débat national", explique-t-elle. Pour l'ancienne président de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (septembre 2011 à fin janvier 2019), l'open data est "absolument fondamental pour permettre à chacun d'avoir accès aux contributions de tous et permettre à chacun d'analyser, de synthétiser et de réfléchir à ces contributions". Enfin, elle s'inquiète du risque que ce grand débat ne prenne pas en compte les jeunes et les publics vulnérables (jeunes des quartiers sensibles, personnes en EHPAD, prisons...).

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