Un lab au service de l'innovation publique

Le 19 février 2018

À Rennes, destiné à améliorer l’action publique, le tout nouveau TI Lab s’appuie sur une méthodologie inspirée du design. Une démarche pragmatique, notamment nourrie de co-construction où l’usager est placé au centre de l’action.

« Un espace-temps pour s’affranchir de l’organisation, pour créer et prototyper des services qui vont ensuite revenir dans cette organisation » : quelques mots suffisent à Benoît Vallauri pour résumer l’ambition de TI Lab, le laboratoire régional d’innovation publique qu’il dirige, inauguré à Rennes en novembre dernier. Cette structure est le fruit d’un partenariat entre la région et l’État, ouvert à d’autres organismes publics et privés. Elle accueille les fonctionnaires afin de plancher sur l’amélioration d’un service ou d’une méthodologie : par exemple celle qui existe au sein de Pôle emploi pour le retour à l’emploi des détenus (co-construction du déroulé du parcours). Élément essentiel, cette démarche de « design de service » place l’usager au centre de l’action publique.

Créativité et pragmatisme

Le lieu (200 m2) est assez atypique, avec salles de réunion mais sans bureau – « les collègues s’y concentrent plus facilement ». Il comprend des équipements créatifs de tous ordres, allant du tableau blanc aux briques Lego en passant par l’appli Klaxoon de travail en équipe (créée par une start-up rennaise). Pour les séances de travail, il n’est prévu aucun déroulé type, ni boîte à outils préalables. Pour autant, ce n’est pas un « tiers lieux », insiste Benoît Vallauri : on y vient sur un projet précis, avec ou sans accompagnement par TI Lab. Quelque 500 personnes y ont été reçues entre juin et décembre dernier, se réjouit le responsable, avec déjà des premiers retours positifs, tel ce témoignage évoquant un « réinvestissement personnel par la pratique ».

Benoît Vallauri  : un lieu transversal et dynamique

Pour son responsable, passé par le privé et par le monde associatif, TI Lab n’est pas un « lieu neutre ». Il apporte une plus value multiple, ne serait-ce que par sa transversalité (projet État/région) et sa dynamique de « co-construction véritable… avec des objectifs communs », appuyée par un « sponsoring » préalablement établi. Les hypothèses, « réelles », y sont vérifiées, si besoin via des rencontres avec les usagers. Des idées se dégagent alors pour résoudre les questions posées, suivies d’un prototypage et d’une mise en place au sein d’un service, « sans que cela ne coûte cher », avant un passage à l’échelle. Cependant, commente Benoît Vallauri, TI Lab n’a pas vocation à devenir « l’arbre qui cache la forêt » des administrations qui innovent.

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