François Dubet :«Nous vivons aujourd'hui dans le régime des inégalités multiples»

François Dubet
Le 28 octobre 2019

Considéré comme l'un des plus grands sociologues français, François Dubet a publié Le Temps des passions tristes. Inégalités et populisme (Seuil, La République des idées, 2019). Professeur émérite de sociologie à l’université de Bordeaux, auteur de plus de quarante ouvrages et héritier d’Alain Touraine, François Dubet suit depuis longtemps, et de près, les évolutions de la société française, en particulier la jeunesse, les questions d’éducation, les mouvements sociaux, le sentiment d’injustice et les inégalités.

 

François Dubet est le grand témoin de la 40ème Rencontre des agences d’urbanisme « Lost in transition – Re-lier les territoires » organisée les 6, 7 et 8 novembre à Paris et en Ile-de-France, dont Horizons publics est partenaire média. Ces rencontres vont explorer pendant trois jours l’ampleur, l’impact et les enjeux des transitions (écologiques, sociales…) sur les individus et les territoires, et avancer des pistes possibles pour affronter ces transitions. Une thématique en résonance avec son dernier ouvrage qui décrypte les raisons de la colère sociale en partant d’une analyse des inégalités, non pas tant au regard des écarts de richesse entre les individus que de la manière dont ces inégalités sont vécues et ressenties.

 

Dans l’entretien qu’il a accordé à Horizons publics, il revient sur la crise des gilets jaunes, la transformation de la perception des inégalités, l’importance de « l’expérience sociale des individus », la place d’Internet et des réseaux sociaux dans la propagation des mouvements sociaux, le rôle des corps intermédiaires dans une société plus apaisée et la nécessité de ne pas opposer métropoles riches et mobiles et territoires pauvres et marginalisés. Face aux défis de la transition, il préconise de construire des politiques écologiques, sociales et de mobilité « qui ne se heurtent pas les unes aux autres » et qui devront s'appuyer sur « des échelles pertinentes et sur des découpages administratifs et politiques efficaces et compatibles ».

 

À l’avenir, il souhaite que la société française trouve ou retrouve « une logique social-démocrate », c’est-à-dire « la volonté de combiner justice sociale, dynamisme économique, vertus démocratiques et sagesse écologique sans croire ou faire croire aux recettes miraculeuses ».

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