Revue
DossierDe quoi les tiers-lieux libres et open source sont-ils le nom ?
Ces dernières années, les tiers-lieux montent en puissance dans le rural comme dans l’urbain. À contre-courant des tendances normatives ou des logiques d’institutionnalisation, Sylvia Fredriksson, designer et enseignante-chercheure à l’École supérieure d’art et de design d’Orléans, et Antoine Burret, sociologue et chercheur à l’Institut des sciences des services au centre universitaire d’informatique de l’université de Genève, nous ouvrent à une autre lecture de cette notion et des pratiques qu’elle recouvre. Notamment à partir des tiers-lieux libres et open source, ils inscrivent ces lieux dans les enjeux de l’Anthropocène et les réhabilitent comme espaces de rencontres, de sociabilités, producteurs de communs, ancrés dans les territoires et leur environnement extérieur.
Une approche sensible, par le design du milieu et des instances démocratiques, qui soulève les limites d’une approche marketing et pointe le risque d’une catégorie fourre-tout à l’heure de l’épuisement des services publics.
À la croisée des enjeux de société de l’information, de surveillance, de crise sociale et écologique, les tiers-lieux ouvrent des espaces politiques pour se saisir de ces alertes et créer de nouvelles alliances. Ils sont aussi des lieux de transformation du dialogue avec l’acteur public, qui l’obligent à repenser son fonctionnement et ouvrent à des innovations juridiques.