Christian Paul : « Les colères de la société ne s’arrêtent pas aux portes des amphithéâtres »

Le 31 janvier 2020

Gilets jaunes, chercheurs, étudiants, vacataires de l'enseignement supérieur, travailleurs sociaux, opposants à la réforme des retraites, très remontés et en colère, ont fait irruption mercredi 29 janvier dans l'amphithéâtre Marcel Pacaut de Sciences Po Lyon où devait se tenir la séance inaugurale de la nouvelle chaire "Transformations de l’action publique".

 

Cette inauguration dont l'invitation initiale proposait de débattre de la question "Comment vraiment transformer l'action publique" a pris des airs d'assemblée générale en amphithéâtre. Ce fut surtout un moment d'expression de la colère, de paroles libres, d'échanges et de confrontations parfois tendues sur la vision du service public, la précarisation des chercheurs et des vacataires de l'enseignement supérieur, le financement de la recherche, "la répression policière" dans les écoles, la disparition des services publics, la logique implacable du capitalisme...

Ce fut surtout l'occasion d'expérimenter en situation réelle la raison d'être de cette nouvelle chaire universitaire : faire naître une nouvelle culture de l'action publique en mode recherche-action, explorer les nouvelles formes de la participation citoyenne, ré-inventer la démocratie, redonner du du pouvoir d'agir à l'ère du tout numérique, concevoir les services publics avec les agents publics, les habitants, les citoyens et les usagers en faisant appel à de nouveaux métiers et regards (designers, sociologues, responsables associatifs...)...

Bref, comme nous l'expliquait Christian Paul, le coordonnateur de la chaire, "soulever le capot de l'innovation publique pour voir ce qui marche et ce qui ne marche pas".

Dans l'entretien qu'il a accordé à la revue Horizons publics juste avant cette inauguration pas comme les autres, il revient sur les missions, la vocation et la philosophie de cette nouvelle chaire de la transformation de l'action publique.

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