Alerte sur des métiers en voie de disparition

Robot et humain
Le 1 octobre 2018

On sait que la diffusion d’une innovation dans l’économie peut provoquer la disparition de certains métiers et en faire émerger de nouveaux. Une étude de l’Institut Sapiens publiée récemment, sous le titre sans ambiguïté « Top 5 des métiers en voie de disparition », traite de ceux qui sont à la fois directement remis en question par une technologie et ont vu leurs effectifs diminuer depuis 30 ans.

Organisme à but non lucratif, l’Institut Sapiens se présente comme une « think tech » modernisant l’approche des think tanks traditionnels. Ses fondateurs (Olivier Babeau, Laurent Alexandre et Dominique Calmels) souhaitent innover par les méthodes, l’ancrage territorial et la diversité des intervenants, pour mieux penser les enjeux du XXI° siècle.

L’étude rappelle que, s’il existe une alternative technologique à un emploi humain, celle-ci sera systématiquement choisie, dans une optique de gain de productivité. Le remplacement de l’homme par la machine est alimenté par l’automatisation qui génère de la croissance par une augmentation des gains de productivité.

Globalement, dans l’économie française, l’Institut a repéré près de 2,1 millions d’actifs appartenant à 5 métiers qui ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années. Ces métiers sont ceux ayant connu la plus forte diminution de leurs effectifs depuis 1986 : manutentionnaires, secrétaires de bureautique et de direction, employés de comptabilité, employés de la banque et de l’assurance et caissiers et employés de libre-service.

Vers la disparition du métier de comptable ?

Le cas des employés de comptabilité est révélateur : ce métier a connu un bond important entre 1986 et 2004, avec une augmentation de 16% (de 335 000 à 390 000). Or, depuis 2004, les effectifs ont diminué de près de 23% pour revenir à 300 000 actifs, ceci principalement du fait du développement de logiciels destinés à la comptabilité, des logiciels « intelligents » effectuant des tâches comptables sans intervention humaine. On sait aussi que les entreprises ont tendance depuis quelques années à externaliser le métier de comptable, à l’instar de celui de secrétaire, souvent partagé entre plusieurs entreprises pour mieux en réduire le coût. Une période d’extinction a même été estimée à 2041 – 2056, ce qui laisse présager que des jeunes actuellement en formation de comptable ne pourront exercer ce métier toute leur vie.

Les secrétaires bureautiques et de direction sont aussi menacées : de 765 000 en 1986, trente ans plus tard, en 2016, elles n’étaient plus que 560 000. Leur période d’extinction est estimée par l’Institut entre 2053 et 2072.

L’accélération technologique fait donc disparaître de nombreux emplois. Pour l’Institut, ne pas prévoir lesquels pourrait entraîner une aggravation du taux de chômage et donc accentuer le déséquilibre des comptes sociaux. La compréhension de l’évolution est la clé d’une capacité de rebond, à travers un effort de formation ou la recherche d’un emploi dans un autre secteur.

L’institut Sapiens note que même si l’exercice est très difficile (car beaucoup de ces métiers n’existent pas encore, il faut le faire car la véritable assurance contre le chômage réside dans les compétences personnelles et suppose l’existence d’une formation professionnelle agile, personnalisée et accessible à tous.