Quand le CNFPT se met à l'innovation

Université européenne de l'innovation publique territoriale
©CNFPT
Le 29 octobre 2018

Action-formation, collaboratif, co-conception, intelligence collective, déploiement sur différents sites en simultané, etc. Telles sont quelques-unes des innovations pédagogiques portées par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) à l'occasion de la troisième édition de son université européenne de l’innovation publique territoriale.

Elle en porte le nom, certes, mais l’université européenne de l’innovation publique territoriale – organisée par le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) du 9 au 11 juillet 2018 – ne ressemble pas aux autres universités. Les participants, par exemple, y ont travaillé en amont – au lieu de simplement venir y en auditeur. En outre, elle s’est déroulée simultanément sur six sites, à Cluny, Rennes, Strasbourg, Aix-en-Provence, La Réunion et en Martinique, ce qui la distingue des deux premières éditions. Mais surtout, elle constitue une innovation en matière pédagogique. Elle s’est ainsi réalisée de manière collaborative, dans une logique de co-conception, de créativité, d’intelligence collective qui a touché la mise en place elle-même de l’université. Quelque 70 « défis » de collectivités locales ont été proposés comme autant de cas à résoudre, dans un cadre général réunissant plus de 900 inscrits.

Une diversité de défis

Parmi les thématiques abordées, démocratie et gouvernance, qualité du service public, transition écologique, transition numérique, cohésion sociale, santé publique, recompositions territoriales, management et organisation, attractivité des territoires, etc. Quant aux défis proprement dits, ils consistent en des questions pratiques et concrètes, explique en substance Denis Cristol, directeur de l’ingénierie au CNFPT, touchant à la création d’un « territoire zéro chômeur de longue durée » ou à celle d’un territoire à énergie positive. Plus précisément, à La Réunion, les participants ont notamment planché sur « la suppression programmée des emplois aidés : comment construire la boîte à outils du changement », ceux d’Aix-en-Provence sur le contenu à donner à l’action 43 du plan climat régional « soutenir les start-up incitant les changements de comportement ». Par ailleurs à Rennes, la facilitation et la mutualisation de l’accès aux services publics de l’agglomération de Dinan ont été au programme.

Une innovation aux multiples aspects

Université européenne de l'innovation publique territoriale
©CNFPT

Le succès de la démarche repose sur le travail réalisé nettement en amont, expliquent les organisateurs. Le programme a évolué entre la première et la deuxième édition de l’université. Schématiquement, il s’agissait en 2016 de sensibiliser les participants à la co-conception, puis en 2017 d’aborder la « formation-action » pour reprendre la formulation de Cécile Joly, directrice de la mission Innovation publique collaborative et laboratoire d’apprentissage. En 2018, poursuit la responsable, le but était de dépasser « le défi conceptuel ». Chaque défi a en effet été préalablement incubé, préparé par celle ou celui qui le porte, en lien avec l’équipe dédiée du CNFPT. Ces porteurs de projet auront, par exemple, eu accès à un accompagnement, à des formations et des séminaires en ligne pour affiner la présentation de leur problématique de territoire. Au total, un ensemble de 240 personnes (plus l’équipe centrale de six personnes) se seront ainsi mobilisées pour co-concevoir l’université, résume Denis Cristol.

Un processus continu et évolutif

Université européenne de l'innovation publique territoriale
Prototype.
©CNFPT

Autre caractéristique essentielle de l’opération, elle n’est jamais figée. De nouveaux acteurs peuvent intervenir en cours de route, à tout moment, en tant que logisticien, chercheur, maître de cérémonie… « Rassembler une multitude d’acteurs et de concevoir des solutions en faisant appel à de nouvelles postures, structures d’organisation et méthodologies dites d’intelligence collective », comme l’explique le CNFPT. Le tout dans un contexte mouvant que Denis Cristol résume par deux images parlantes : celle du « processus organique, inclusif et vivant » et celle de la permaculture « où chaque plante trouve sa place ». Autant d’éléments le conduisent d’ailleurs à évoquer l’université non pas comme un « événement », mais comme une « expérience ».

Parallèlement, dans le cadre de cette démarche, une e-communauté de 3 600 innovateurs publics territoriaux s’est constituée, disposant d’outils tels que des webinaires, des webzines et un Mooc (innovation publique territoriale), accessible depuis la plateforme FUN opérée par le groupement d’intérêt public « FUN-Mooc ».

Au sein de l’institution, l’université européenne de l’innovation publique territoriale bénéficie d’un « sponsoring » très fort de la direction générale, confirme Cécile Joly qui envisage déjà d’autres champs à aborder. Il y a notamment la piste de l’essaimage : elle conduirait ainsi à la constitution d’équipes qui co-construiraient elles-mêmes leurs propres événements. La responsable évoque aussi la possibilité d’intégrer à l’université des participants hors de la fonction publique (mais acteurs sur les territoires) tels que les élus, les entreprises, voire des représentants de l’État. Richesse et diversité ne nuisent pas aux écosystèmes locaux.

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